"Je commence maintenant"

Lundi 18 janvier 2016, la 2nde 10, engagée dans le prix des Incorruptibles depuis septembre 2015 avec Mme Perthame, leur professeur de Français, reçoit Mme Rachel Hausfater. Récit de cette matinée galvanisante.

Logo site   Jeudi 21 janvier 2016, par Marie-Claude BOULEY

« Le romancier…entraîne imperceptiblement son lecteur et lui laisse une marge suffisante pour que le livre l’imprègne peu à peu et, cela par un art qui ressemble à l’acupuncture… » 7 décembre 2014.

Modiano, Discours à l’Académie suédoise.

A l’issue de la matinée passée avec Rachel Hausfater, les élèves de la 2nde 10, formulent un constat similaire…avec leurs propres mots.

Que retenir de Rachel Hausfater, invitée au lycée ce 18 janvier, dans le cadre de la sélection des Incorruptibles ? Une femme accessible, chaleureuse et dynamique, un auteur confirmé et primé avec, à son actif 26 ouvrages, des romans pour enfants, pour adolescents et des albums. Oui tout cela et aussi tout autre chose… D’entrée de jeu, Rachel Hausfater, aborde avec une grande drôlerie sa précoce vocation d’écrivain. Instantanément l’auditoire est conquis, voire subjugué par le charme de cette conteuse née. Dès lors, une mystérieuse alchimie est créée. Ne serait-ce pas « la relation intime et complémentaire » entre romancier et lecteur, chère à Modiano ?

L’entretien entre l’écrivain et les élèves se poursuit, toujours imprévisible, tantôt grave et pudique, tantôt rieur. Un aveu d’écrivain : lors de la publication d’un ouvrage, on se sent pour ainsi dire dépossédé. Et Rachel Hausfater d’ajouter dans une formule sans appel : "désormais, mon histoire est la vôtre !"

A la demande de leur professeur de français, Mme Perthame, les divers objets apportés par les élèves, représentatifs de l’écrivain, contribuent à une interactivité féconde aux contours inattendus. Derrière le signe infamant de l’étoile de David, se profile le bel album, "L’enfant étoile", et le portrait en creux du père de Rachel Hausfater, petit enfant juif caché pendant la guerre. Et que dire du « beau livre » "Yankov" ? Une rédaction de deux années, une documentation solide et le désir de conduire ce « vieil enfant », rescapé du camp de Buchenwald, vers la lumière. C’est le récit d’une renaissance, voire d’une résurrection. Rachel Hausfater a mis tout son cœur dans ce court, dense et bouleversant roman. Décidément, un écrivain, « c’est cool » et « ce n’est pas ce qu’on croyait »… a affirmé avec force un élève ravi de cette rencontre.

Oui, « ça commence aujourd’hui. »

Bonne route, Rachel Hausfater, engagée sur les chemins de l’écriture !

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