Rappel de l’Histoire et éveil de la conscience politique

Dans le cadre de Benjam’ Conférences, vendredi 22 janvier 2016 en salle Léonard de Vinci, les lycéens sont conviés à écouter Samuel Hayat sur la thématique : République et révolution. Compte-rendu de cette matinée.

Logo site   Mardi 26 janvier 2016, par Marie-Claude BOULEY

12 novembre 1848

A une statue

« Non, tu n’es pas la grande et sainte République !...

Tu n’as point reconnu le droit des misérables

Tu n’as point su toucher à leurs maux vénérables.  »

V. Hugo Choses vues.

Poème surprenant et - ô combien représentatif- des ambivalences du XIXème siècle !

Que recouvre donc l’idée de République ?

Tel est l’angle d’attaque choisi par Samuel Hayat.

Ce jeune et brillant chercheur, à l’autorité naturelle, a réalisé un parcours universitaire sans faute et a soutenu une thèse en science politique le 7 décembre 2011 dans le cadre de l’Université Paris 8. Actuellement, attaché au CNRS, Samuel Hayat a publié en 2014 un ouvrage remarqué :

Quand la République était révolutionnaire.

Citoyenneté et représentation en 1848,

Ed. du Seuil, 2014

Vendredi 22 janvier 2016, un public composé de cinq classes, des élèves de terminale et de première, accompagnés de leurs professeurs, se presse en salle Léonard de Vinci pour écouter cet universitaire. L’attention y est soutenue, on sent s’éveiller chez certains, curiosité et appétence pour ce sujet brûlant.

Se risquer à résumer cette conférence, étayée de références historiques et philosophiques, s’avère d’emblée mission impossible. Osons, cependant, en retracer quelques traits saillants !

Difficile de cerner ce qu’est La République, mot « fétiche », omniprésent dans les discours des hommes politiques, n’est-ce pas…

Depuis la prise de la Bastille en juillet 1789, l’histoire de la République n’est pas un long fleuve tranquille. La 3ème République et ses images fortes : « l’école républicaine », « la mission civilisatrice » de la France coloniale sont des facteurs de rassemblement.

Or, 1848, « la révolution oubliée » se caractérise par sa surprenante ambivalence. Les journées de février 1848 mettent en application les idées de la République démocratique et sociale.

- Imaginez les arbres de la Liberté dans les rues de la capitale ! Ecoutez ces femmes prenant la parole dans les clubs ! Le Parlement des ouvriers s’appelle la commission du Luxembourg. Les Ateliers Nationaux garantissent le travail pour tous, c’est novateur… Bref, à ce moment de notre histoire, le peuple joue un rôle actif. Le drapeau tricolore n’est pas encore totalement un symbole républicain. Le tableau de Philoppoteaux :

« Episode de la révolution de 1848 : Lamartine repoussant le drapeau rouge à l’Hôtel de Ville, le 25 février 1848 »

le prouve.

Les barricades de juin, noyées dans le sang, sonnent le glas de ce régime. En apparence tout s’efface pour céder la place à la République bourgeoise.

En 1857, Baudelaire, nostalgique, évoquera le rêve de ce monde disparu et évanoui

« Je pense aux matelots oubliés dans une île

Aux captifs, aux vaincus… »

Le Cygne, Les Fleurs du mal

Merci, M Hayat, d’avoir ainsi contribué à éveiller une conscience citoyenne chez nos lycéens

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