Vivez pleinement et devenez poètes !

Devenir poète, c’est à la portée de tous... Nourrie de cette conviction, Mme Falzon, professeur de Lettres, a imaginé lancer les élèves de 1ère L dans une étonnante entreprise poétique. Compte rendu de cette réalisation.

Logo site   Mercredi 25 mai 2016, par Marie-Claude BOULEY

« Enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu à votre guise. »

L’exhortation stimulante, pressante, insistante de Baudelaire s’adresse à tous.

Les élèves de 1ère L, guidés par leur professeur de français, Mme Falzon, y répondent avec enthousiasme et célèbrent ainsi le Printemps des Poètes.

A la manière des poètes surréalistes, à l’issue de la 1ère guerre mondiale, soucieux de libérer les mots « pour exalter la vie », les apprentis poètes recourent à la technique du collage. Les énoncés se dépouillent alors de leur visée utilitaire et les contrastes deviennent saisissants. Désormais, chacun porte un regard neuf sur le monde.

De cet « assemblage gratuit » émanent étrangeté et beauté ; tel cet aphorisme mystérieux : « une histoire courte qui en dit long » C’est un grain de levain dans la pâte.

Dans un autre « poème » la mise en garde impérieuse, voire sentencieuse :

« Pensez à prévenir les amoureux  » s’accompagne d’un sourire amusé et un fataliste « et patati et patata.  » préfigure les banalités de nos conversations quotidiennes

Chez nos jeunes poètes foin de toute morosité ! L’image positive de la jeunesse : « cette jeunesse capable du pire mais surtout du meilleur » va de pair avec un hommage inattendu- ô surprise !- à l’institution scolaire.

L’ensemble est riche de multiples rencontres et éveille maints échos.

« Fais ce qui te plaît », l’invitation optimiste ne serait-elle pas un clin d’œil à Rabelais et à son « abbaye de Thélème » L’évocation d’« une belle promenade d’automne » prétexte à un aveu amoureux font résonner en nous ces vers de Baudelaire :

« Là tout n’est qu’ordre, et beauté Amour, luxe, calme et volupté »

Ces séduisants collages sont porteurs de rêves et gardent, pourtant, leur part de mystère, rejoignant ainsi le poète mexicain Octavio Paz :

« La poésie n’est pas incompréhensible, elle est inexplicable. »

Oui, n’ayons pas peur d’aimer la poésie à temps et à contretemps ! La classe de 1ère L nous ouvre la voie…

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