Poésie et musique : un mariage harmonieux

Le Printemps des Poètes a été célébré cette année selon diverses sensibilités. Compte rendu d’un atelier de poésie hors des sentiers battus proposé par Mme Ben Romdan à la 2nde 8.

Logo site   Samedi 4 juin 2016, par Marie-Claude BOULEY

«  Il est un air pour qui je donnerais tout Rossini, tout Mozart, tout Weber. »

A l’orée du 19ème siècle Nerval souligne ainsi le pouvoir de la musique, vecteur d’émotions et du souvenir.

Or, pour nos lycéens, musique et poésie semblent avoir de lointains rapports. Pourquoi ne pas s’appuyer sur les réelles compétences d’élèves slameurs ou rappeurs pour les ouvrir à la beauté de l’écriture poétique ?


Forte de cette conviction, Mme Ben Romdan, professeur de français, lance un atelier de poésie en 2nde 8.

Le slameur bien connu Grand Corps Malade a la formule adéquate pour résumer cet intermède poétique où violence et force des sentiments éclatent : « la bouche donne, les oreilles prennent.  »

Un groupe soudé de slameurs, Enoch, Ugo, Louis et le musicien Anthony, habité par la douleur de la perte d’un ami très cher, émeut l’auditoire. Les accents de Montaigne : « parce que c’était lui, parce que c’était moi », pleurant sur son ami La Boétie semblent désormais proches.


Manutéa, Wassim et Alex, eux, s’inspirent du rappeur Lacrim pour crier leur chagrin après une trahison amoureuse. Le nouveau « Roméo  » « a déclaré sa flamme » à sa bien-aimée. Hélas ! « Au final la belle l’a tué. »

Certains poètes en herbe recourent à la plainte élégiaque pour reprocher à la coquette, sûre de ses attraits, son caractère volage.

On entend en sourdine le regret lancinant de V. Hugo dans un poème de jeunesse :
« Soit n’y pensons plus ! » dit-elle.
Depuis, j’y pense toujours.

Ce court atelier poétique se vit comme un moment de bonheur, de partage des textes, des émotions et un jeu subtil et savant avec les mots.

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