La conférence de M Aubrac vue par les TS1CPI

Logo site   Mardi 5 janvier 2010, par Jean-Jacques PELLEGRINI

Conférence de Raymond AUBRAC La classe de TS1CPI y a assisté et tient à partager avec ceux qui n’y étaient pas 2 drôles d’histoires vraies et les impressions que lui a laissées cette personnalité marquante.
M Aubrac nous fait l’honneur de revenir avec M Hessel, le vendredi 5 février 2010 à 14h

2 DROLES D’HISTOIRES

- « Ce jour là j’ai aimé les gendarmes »

Raymond AUBRAC attendait des armes en provenance d’Angleterre pour la résistance française. Un jour, il a reçu une mitraillette « Sten » qu’il a voulu montrer aussitôt à ses camarades. Pour ce faire, il l’a démontée puis cachée dans sa valise avant de prendre le train pour Nîmes. Arrivé à destination, il s’est retrouvé face à des gendarmes qui, en bas du seul escalier permettant de quitter la gare, fouillaient la totalité des voyageurs. Raymond AUBRAC ne pouvait pas fuir à cause de la foule qui l’obligeait à avancer. La peur au ventre d’être découvert, il a présenté sa valise à l’un des gendarmes. Celui-ci a sorti la crosse de la valise et lui a demandé ce que c’était. R. AUBRAC a répondu que c’était la pièce d’une machine agricole. Le gendarme l’a laissé passer sans essayer d’en savoir plus. R. AUBRAC a affirmé que ce jour là, il a aimé les gendarmes français.

- Une mésaventure qui finit bien.

Durant la guerre, de nombreux journaux clandestins circulaient. Leur distribution était assurée par des réseaux de résistants qui prenaient tous les risques pour accomplir cette tâche. Une amie résistante de R. AUBRAC qui avait l’habitude de transporter ces journaux fut un jour dans l’incapacité de remplir son rôle. Cette mission fut donc confiée à R. AUBRAC. Mais tout ne se passa pas comme prévu. R. AUBRAC monta dans le train et déposa la valise qui contenait les journaux dans l’espace au-dessus des voyageurs, prévu à cet effet. Puis, il s’écarta pour aller plus loin afin d’éviter tout soupçon au cas où la mallette serait découverte en cours de route. Le voyage se passa bien mais une fois arrivé, R. AUBRAC s’aperçut que sa valise avait été volée. Plus tard, il apprendra que le voleur voyant que la valise ne contenait que des journaux, l’avait abandonnée. Les journaux, eux, ont été distribués par les cheminots.

UNE PERSONNALITE MARQUANTE

Tout d’abord, ce qui nous a frappés c’est le sens de la répartie dont R. AUBRAC fait preuve. Par exemple, lorsqu’on lui a demandé pourquoi il était venu nous parler de la résistance, il a simplement répondu que c’était par politesse puisqu’il avait été invité. Par ailleurs, à la question : « quel est selon vous votre plus grand mérite ? », il a répliqué : « c’est d’être encore en vie ». En effet, pour lui, il est essentiel d’apporter son témoignage sur ce qu’a été la résistance.

Ensuite, il a montré qu’il était plein d’humour. Ainsi, en débutant la conférence, il a précisé : « ma jambe gauche a 95 ans, la droite aussi, les deux sont fatiguées : je vous demande donc l’autorisation de m’asseoir ». A un autre moment, il a expliqué que le film Lucie AUBRAC n’était pas toujours conforme à la réalité. Notamment, lors de son évasion, il a dit qu’il avait d’autres priorités que d’embrasser sa femme. L’heure était à la fuite !

D’autre part, R. AUBRAC nous a impressionnés par sa capacité à rendre claire la succession des évènements qui se sont déroulés pendant la guerre. On a pu en suivre le fil sans se perdre dans les détails, depuis la déclaration de la guerre jusqu’à la libération en passant par l’année 42 où l’équilibre des forces s’est modifié. Cependant, il n’en s’est pas tenu seulement aux faits bruts. Il a également rendu compte, par ses explications, du contexte dans lequel vivaient les gens. Il nous a démontré l’importance qu’avaient les journaux clandestins. Il a mis en évidence les difficultés à faire passer des informations considérées comme illégales par le gouvernement en place : problème matériel d’abord pour trouver le papier et publier les journaux, risques pris par ceux qui notamment les imprimaient et les distribuaient.

Enfin, sa modestie nous a marqués. En effet, il ne s’est jamais mis en avant. Bien au contraire, il a valorisé les actions des autres et a insisté sur l’importance du rôle des chefs de la résistance comme Jean MOULIN ou sur les qualités de combattante de sa femme, Lucie AUBRAC. Il dément même le fait d’avoir saboté les voies de chemin de fer pour ne pas s’attribuer des mérites qu’il n’a pas… Il reconnaît avoir fait sauter des ponts mais il n’en tire pas gloire. Pour lui, il n’est qu’un maillon de la chaîne de la résistance. Il préfère parler des anonymes qui par leurs actions ont participé à la libération. C’est d’eux, d’après lui, qu’on doit garder la mémoire.

Pour finir, une citation de Lucie AUBRAC nous a particulièrement émus et nous lui laissons le dernier mot : « Résister se conjugue au présent ».

Anne-Laure Desmonts, Cosmin Adam, Baptiste Voisin, Amaury Ageorges, Olivier Soulas, Romain Barbet, Valentin Rosé, Nicolas Brival, Arnaud Basselier, Benjamin Moreau, Quentin Bellot, Nicolas Loubat, Aymeric Bonjean, Yoann Dalençon, Matthieu Lagrue, Maxime Bouchereau, Jérémy Kadikoff, Soufiane Ennia, Romain Brisset, Loïc Garnier, Camille Fortier, Hugues Chauvière, Ludovic Frayer, Rachid El Hajaji, Geoffrey Chollet,